Blog des aidants des sans-abris, sdf et exclus

Fournir un téléphone aux jeunes mineurs isolés – Été 2020

Il nous tient à cœur de soutenir l’action de groupes et de petites associations venant en aide aux personnes sans-abri de manière inconditionnelle.

Une collecte urgente !

Aux fins de ce soutien, nous aimerions cet été participer à l’achat de téléphones et de cartes Lyca distribuées par leurs soutiens aux mineurs non accompagnés/mineurs isolés étrangers.

Acheter un masque Sidilarsen nous achèterons des téléphonesUn téléphone basique coûte entre 10 et 20 €.

Une carte recharge 5 €.

Pourvus de téléphones, les jeunes peuvent

  • appeler leurs soutiens qui les rappellent en cas de problème
  • s’appeler entre eux (les appels d’un téléphone Lyca à un autre sont gratuits)

Pour ces jeunes, qui sont longtemps à la rue avant que leurs dossiers n’avancent, le téléphone est indispensable !

 

Les téléphones et cartes Lyca Mobile collectées/achetées seront remis

à Sylvie Brod bénévole de l’ADJIE

 

Si vous souhaitez participer à cette collecte, vous pouvez

Acheter un masque Sidilarsen nous achèterons des téléphones

 

 

Acheter un masque collector Sidilarsen

Totalité des bénéfices reversés à Maraudes

 

 

Découvrir Sidilarsen et ce que ce groupe a déjà fait pour les sans-abris

OU

Acheter un masque Sidilarsen nous achèterons des téléphones

Faire un don d’argent

 

 

OU

Nous procurer votre ancien téléphone

à condition qu’il soit desimlocké ET pourvu de son chargeur.

Contactez-nous

—-

Nous publierons les résultats de cette collecte fin septembre 2020.

Avec nos remerciements.

 

 

Témoignages de soutiens

Comme d’habitude, ils attendaient ce matin le long du trottoir de la rue étroite…
Ils attendaient pour se re-signaler, gagner un petit téléphone, une recharge lyca.
Rejeté au faciès malgré un extrait de naissance, Nima qui vient d’arriver à Paris et dort depuis 3 jours à gare du Nord grelotte.
Je rencontre Mohamed, Issiaga, Arouna, Drissa, Yaya et d’autres petits gars qui sont dans le même cas.
On part manger.
La voiture est pleine de vêtements, on en attrape quelques uns au passage avec les assiettes, gobelets, cuillères…
Le jardin est fermé à cause de la tempête.
On s’installe plus haut.
Il y a du vent, de la pluie aussi.
Un voisin solidaire installe tables et barnum. Je sors la nappe et le ballon de foot.
Le repas à l’air délicieux, il y a du thé, des desserts bien alignés.
Je continue ma ronde pendant que le service se fait, pour écouter, conseiller, donner les petits téléphones à ceux qui dorment dehors et qui n’en ont pas, une recharge à ceux qui doivent appeler au pays pour récupérer un papier.
Les chanceux hébergés que je connais bien viennent me souhaiter une bonne année, me raconter l’avancement de leurs dossiers.

Quelques solutions très provisoires sont trouvées, mais beaucoup resteront dehors.
On fait un arrêt dans le coffre de ma voiture pour donner des pulls.
On propose d’aller sur un camp de fortune en périphérie parisienne où il y aura peut-être une tente pour eux.
Voilà où nous en sommes.
Personne n’a rien de mieux à proposer.

 

Il faisait froid, il pleuvait depuis ce matin 10h.
Quand je suis arrivée, ils attendaient. Quoi ?
Un peu de chaleur humaine, de solidarité, venir se signaler à nouveau, dire qu’ils existent, qu’ils ont 15 ans et qu’ils dorment dehors…
D, M et K viennent de se faire rejeter au faciès.
J’encourage les nouveaux à passer la grille. Certains ne sont toujours pas ressortis, j’espère que ça ira…
Je les regarde, usés, fatigués, tout juste débarqués d’ailleurs, sans rien, pas un manteau, pas un téléphone, le ventre vide.
Sur leur « faciès » respectif je ne vois que cela moi: le désespoir mais aussi la force et le courage, ils sont là avec moi je ne vois que cela, on est trempé et ils n’iront nulle part après se réchauffer.
Ils me remercient, me sourient pour un croissant, un duvet, un téléphone, un vêtement et un repas chaud et moi j’ai envie de pleurer de les entendre me remercier mais je leur retourne leurs sourires, malgré la colère que j’ai en moi.
Plus tard, au jardin, je prendrai de nombreux signalements d’autres ados dans ce cas n’ayant rien ni nulle part où aller se réchauffer, dormir, certains sont déjà notés dans mon carnet depuis des semaines…
La table est mouillée, je ne sortirai pas ma nappe, pourtant pliée soigneusement dans le coffre de ma voiture, mais il y a bien le plein de chaleur humaine autour de la table.
Le repas chaud est servi, la pile d’assiettes diminue à vue d’oeil.
Ils ont faim, ils ont froid.
Je ne peux pas faire grand chose à part, écouter, conseiller, regarder les papiers qu’ils tendent, donner tout ce que j’ai avec moi, encourager, prendre « leurs signalements », laisser mon contact en cas de problème.
Comme si là, il n’y avait pas de problème déjà…
les habitués viennent tenter de discuter gentiment dans ce chaos, on se parlera plus tard et ailleurs quand il n’y aura plus d’urgences et de problèmes…
Eux aussi repartent avec tout ce qu’il y a à donner, une recharge de téléphone, l’espoir à travers les sourires qu’on leur offrent malgré tout chaque jour.
Merci à toutes et tous pour votre générosité, sans cela rien ne serait possible.